Athi Rudra Maha Yajna (4)

Développez l’amour pour Dieu

et expérimentez le bonheur en prakriti, la nature

DISCOURS DE BHAGAVÂN BABA du 12 août 2006

« Le corps est constitué des cinq éléments et tôt ou tard il est tenu de périr.
Mais le Résident intérieur n’a ni naissance ni mort.
Le Résident intérieur n’a pas d’attachements, Il est l’éternel Témoin.
En vérité, le Résident intérieur est Dieu Lui-même sous la forme de l’Âtman. »
(Poème telugu)

Le corps est comparable à un coffre-fort, lequel contient les précieux joyaux de l’âtman et des Valeurs : satya, la Vérité, dharma, la Rectitude, shânti, la Paix et prema, l’Amour. Quelle serait la valeur du coffre-fort s’il ne contenait pas de joyaux ? Aucune, il n’a de valeur qu’en fonction des joyaux qu’il contient.

Satya est un joyau des plus importants et des plus précieux. Dharma est un autre joyau de grand prix, semblable à un diamant. Shânti, la Paix, est essentielle pour tout être humain. Un millionnaire peut venir à Swami et dire : « Swami, j’ai tout, mais je n’ai pas la paix. » Sans la paix, il ne peut y avoir de bonheur dans la vie.

Seule, une personne qui assimile les qualités de satya, dharma, shânti et prema peut mener une vie de détachement et de renoncement. Qui est un véritable renonçant ? Celui qui renonce aux fruits de ses désirs et actions peut être qualifié de vrai renonçant. C’est en cela que réside la Paix véritable. Tant que l’on a des désirs, on ne peut avoir la Paix véritable.

Dépourvue de vérité, de rectitude, d’amour et de paix, la valeur de votre éducation équivaut à zéro.

Dépourvue de vérité, de rectitude, d’amour et de paix, la sainteté de vos actes de charité et de bonté équivaut à zéro.

Dépourvue de vérité de rectitude, d’amour et de paix, vos positions de pouvoirs sont inutiles et équivalent à zéro.

Dépourvu de vérité, de rectitude, d’amour et de paix, le résultat de vos bonnes actions équivaut à zéro.

Ces quatre Valeurs sont la fondation même de votre vie.

(Poème telugu)

Les joyaux précieux que sont satya, dharma, shânti et prema sont présents en chaque être humain. Préserver ces joyaux est le devoir de tout être humain. Sans ces Valeurs, le corps est semblable à un coffre-fort vide, il n’a pas de valeur. Qu’est-ce que la Vérité ? La Vérité est ce qui est éternel et immuable dans le temps.

Tout le monde sait ce qu’est la vérité. Pourtant, les gens s’écartent de la vérité. L’homme recourt à la non-vérité pour échapper aux difficultés.

« Satyan nâsti paro dharmah » - « Il n’y a pas de plus grand dharma que d’adhérer à satya, la Vérité. » Qu’est ce que dharma, la Rectitude ? En vérité, dharma est la fondation de la maison de la vie. Vous pouvez construire une maison à plusieurs étages, mais sans fondation, elle ne restera pas debout longtemps. Ainsi, dharma, la Rectitude, est la base même de la vie. Il y a deux types de dharma : laukik, terrestre, et adyâtmic, spirituel. Le dharma terrestre est soumis au changement, mais le dharma spirituel est immuable et éternel. Si la fondation n’est pas solide, les murs de la maison s’écrouleront en peu de temps. Par conséquent, Dharma, la Rectitude, est la voie correcte que chacun doit suivre.

Prema, l’Amour, est le toit de cette maison, et shânti, la Paix, en est la lumière. L’homme ne peut vivre dans une maison sans toit. Malheureusement, de nos jours, satya, dharma, shânti et prema semblent avoir complètement disparu. Aujourd’hui, même une personne très riche est dépourvue de l’esprit de sacrifice. La vie d’une telle personne est comme une maison sans toit exposée au soleil et à la pluie. L’homme a donc besoin d’un toit correct.

C’est l’Amour qui soutient la vie de l’homme. Dès sa naissance un enfant aime sa mère et la mère aime son enfant. Il est difficile de décrire avec des mots la profondeur de l’amour entre la mère et son enfant.

Pendant la deuxième guerre mondiale, beaucoup de personnes moururent sous les bombes lors de la libération de Rangoon. Une mère et son fils parvinrent à quitter la zone des combats et gagnèrent à pieds Kolkata, un petit village proche de Chennai. Ils avaient perdu leurs proches et n’avaient ni abri ni nourriture. Ils se réfugièrent sous un arbre et la mère allait de maison en maison mendier leur nourriture ; elle en donnait la plus grande part à son fils et mangeait le peu qui restait. Quand elle n’en obtenait pas en suffisance, elle donnait toute la nourriture à son fils et ne mangeait pas. En conséquence, elle s’affaiblissait de jour en jour.

Le fils ne pouvait voir sa mère souffrir de la sorte : « Mère, dit-il, à partir d’aujourd’hui tu te reposes et j’irai mendier notre nourriture. » À son tour, il alla de maison en maison mendier de quoi manger ; il donnait la plus grande part de ce qu’il recevait à sa mère et mangeait le reste. Parfois il mentait, disant à sa mère qu’il avait déjà mangé. Lui aussi devint de plus en plus faible. Le fils n’avait plus la force de veiller sur sa mère et la mère n’avait plus la force de protéger son fils.

Un jour, le fils se tint devant la maison d’un officier qui se relaxait dans un fauteuil en lisant son journal sous la véranda. Le garçon demanda à manger et, pris de pitié, l’officier alla chercher un peu de nourriture et la lui apporta sur une feuille de bananier. Il lui dit de s’asseoir et de manger. Mais le garçon refusa disant qu’il mangerait à la maison ; ce à quoi l’officier répondit : « Je pense que tu n’as vraiment pas faim, sinon pourquoi l’emporterais-tu chez toi ? »

Tandis que l’officier prononçait ces dures paroles, le garçon fut pris de vertige et s’écroula. L’officier l’entendit murmurer d’une voix faible : « D’abord pour ma mère, pour ma mère… » et il rendit son dernier souffle.

Quand cette nouvelle parvint à la mère, la douleur la submergea. Elle ne put supporter la mort de son cher fils et rendit elle aussi son dernier souffle. La mère et le fils sacrifièrent tous deux leur vie par amour. Telle était la profondeur de l’amour entre la mère et l’enfant en ces jours-là.

Aujourd’hui, en raison de l’égoïsme, l’amour entre la mère et le fils connaît un déclin ! Une vie sans amour ne vaut pas la peine d’être vécue. La mère devrait aimer ses enfants et les enfants devraient aimer leur mère. Ainsi, l’amour mutuel de la mère et de l’enfant grandira. Même un singe transporte sa progéniture là où il va. L’amour est un besoin. Ce joyau précieux de l’Amour est présent dans le coffre-fort du corps. Là où est l’Amour, là est la Paix. Là où est la Paix, là est la Non-violence. Le contentement est paix.

Buddha renonça à son royaume, quitta sa femme et son fils et propagea le principe de Non-violence. Il propagea l’idéal : « Ahimsâ paramo dharmah » – « La Non-violence est le dharma le plus élevé. »

Nous devrions développer les Valeurs de satya, dharma, shânti, prema et amhimsâ, les cinq souffles de vie de l’homme. Dépourvu de ces cinq Valeurs, on ne peut s’appeler un ‘être humain’. L’homme devrait entreprendre des activités qui entretiennent en lui ces cinq Valeurs humaines. Les yajna, rituels sacrés, yaga, les sacrifices, japa, la répétition du Nom, tapas, les austérités, etc. ne sont que des moyens pour développer ces Valeurs présentes en l’homme. Celui qui acquiert ces cinq Valeurs est un homme de mérite et sa vie est rachetée. Notre vie est perdue si l’une d’elles nous fait défaut. En premier lieu, pour progresser dans la voie de la spiritualité, l’homme devrait mener une vie de vérité et suivre la voie de la Rectitude (dharma).

Incarnations de l’Amour !

Aujourd’hui, où que nous allions, nous ne trouvons que des gens qui désirent intensément de l’argent. Même les aînés, dont la fin de vie est proche, sont rendus fous par l’argent. Les désirs de l’homme se multiplient de nos jours. L’âge dans lequel nous vivons n’est pas le kaliyuga, mais le kalahayuga, l’âge des conflits. L’argent en est la cause fondamentale. Nous accordons beaucoup trop d’importance au corps (le coffre-fort). Nous devrions plutôt accorder de l’importance aux précieux joyaux des Valeurs humaines présentes en lui. Sans ces joyaux, le coffre-fort (le corps) a peu de valeur.

Les Valeurs concernent la vie humaine au premier chef. Sans les Valeurs, la vie humaine ne sert aucun but. L’Amour est présent chez les oiseaux et les animaux, mais eux n’ont pas de désirs, quand leur faim est assouvie, ils sont contents. Il n’en n’est pas de même pour l’homme. L’homme veut tout posséder. Même s’il est propriétaire de cinq buildings, il en veut dix de plus. Pourquoi l’homme a-t-il besoin de plusieurs maisons ? Une maison ne suffit-elle pas pour vivre confortablement ? Mais l’homme veut plusieurs résidences. Il se laisse abuser par ses désirs illimités. Les désirs de l’homme sont excessifs de nos jours, il doit les réduire. Moins de bagages assure un plus grand confort et rend le voyage plus agréable.

Ici, nous travaillons beaucoup pour les autres sans rien attendre en retour. Je ne suis pas propriétaire ne fût-ce que d’une seule maison. Où que J’aille, Je demeure dans la maison des fidèles. Les gens devraient réduire leurs désirs de la même manière. Si vous contrôlez vos désirs, vous vivrez en paix. Mais ne réduisez jamais votre amour pour Dieu. Développez de plus en plus d’amour pour Dieu. Si vous avez de l’amour pour Dieu, vous aurez tout.

Incarnations de l’Amour !

Aujourd’hui, vous avez écouté les discours des aînés. Mettez en pratique tout ce que vous avez entendu. Installez les Valeurs de satya, dharma, shânti et prema en permanence dans votre cœur. Avec l’Amour et la Paix dans votre cœur, vous pouvez tout réaliser dans la vie.

Si vous posez la question à nos étudiants, vous verrez qu’ils contrôlent pleinement leurs désirs. Tous nos garçons sont hautement qualifiés. Ils sont diplômés du troisième cycle universitaire comme MA, MBA, MSc et PhD. - respectivement Maîtrise, Maîtrise en gestion, Maîtrise en biologie et Doctorat en philosophie. Ils ne souhaitent pas rentrer chez eux. En travaillant au-dehors, ils pourraient gagner un salaire très élevé - un garçon diplômé en MBA peut gagner de 100 à 200.000 roupies par mois - mais ils ne le veulent pas. « Que peut nous apporter l’argent ? Peut-il nous donner le bonheur ? » se demandent-ils. Ils veulent travailler ici. Ils considèrent le travail comme une adoration et un devoir envers Dieu. Ils sont très conscients de leur devoir. Les étudiants devraient avoir cette foi ferme.

Où que vous regardiez, vous ne voyez que des gens remplis de désirs. Que peuvent-ils réaliser avec autant de désirs ? Finalement, ils ruinent leur vie. Il est donc nécessaire que vous contrôliez vos désirs. Avec un lourd bagage sur votre tête, vous n’irez pas loin. Réduisez vos bagages et le voyage de votre vie sera plus confortable.

En tant que bachelier, vous êtes heureux et insouciant. Si vous prenez femme, vous aurez virtuellement quatre jambes. Si vous devez sortir, vous vous ferez du souci parce que votre femme est seule à la maison. Après un an, vous aurez un fils, et vous aurez six jambes au lieu de quatre. Le nombre de jambes augmentant, le voyage de votre vie deviendra de plus en plus lent.

Incarnations de l’Amour !

Préservez l’Amour dans votre cœur. Aimez tous les êtres. Cependant, ne vous surchargez pas de responsabilités, ce qui augmenterait vos soucis et difficultés. Nos professeurs savent bien ce que sont ces difficultés. Vous pouvez mener une vie heureuse à condition de réduire votre charge. Ainsi, les difficultés et la souffrance auront moins l’occasion de se manifester.

Dakshinâmûrthi aussi apporte le message du sacrifice qui conduit à cette vérité. Dakshinâmûrthi transmet Son message à travers le silence. Son visage est toujours souriant parce qu’il n’a ni soucis ni responsabilités.

(Swami rappelle ici l’histoire de la mère et de son fils qui donnèrent leur vie par amour mutuel et souligne que nous ne devrions pas renoncer à l’amour, même si nous devons renoncer à notre corps.)

La mort est certaine. Le corps est vôtre aujourd’hui, mais il se peut que vous le perdiez demain. Par conséquent, vous devriez gagner une bonne renommée, fût-ce même au prix de votre vie. Considérez qu’une bonne renommée est votre véritable souffle de vie, elle demeure après même que la personne ait quitté ce monde. Gagnez donc une bonne renommée dans la société. La question ici n’est pas d’avoir une grande renommée, mais bien de gagner une bonne renommée.

Un millionnaire peut être considéré comme éminent, mais lui aussi doit se nourrir de graines et de céréales et non d’or. Tant que vous êtes en vie, vous devez compter sur la nourriture pour nourrir votre corps, tout en réduisant votre attachement à ce corps. Partagez votre amour avec chacun. Ne limitez pas votre amour à votre famille, menant ainsi une vie égoïste. Même un poisson vaut mieux qu’une personne égoïste. Un poisson se meut librement dans l’eau, il y vit confortablement et est heureux. Par ailleurs, l’homme s’est chargé de beaucoup trop de responsabilités et d’attachements et cette lourde charge le fait tomber très bas.

Réduisez donc votre charge et passez de plus en plus de temps à contempler Dieu. Si vous développez de l’amour pour Paramâtman, Dieu, vous pourrez expérimenter le bonheur en prakriti, la Nature.

Le devoir est Dieu. Le travail est adoration. Suivez ces deux principes tout au long de votre vie. Ne vous surchargez pas de responsabilités. Dieu est là pour endosser la responsabilité de tout le monde (vifs applaudissements). Pourquoi vous faire du souci alors que Dieu est là pour prendre soin de vous ? Vous continuez à vous faire du souci parce que votre compréhension de cette vérité est seulement théorique. Vous ne devriez pas être comme cela. Une fois que vous abandonnez tout à Dieu, vous devriez être libéré de tous vos soucis. C’est seulement quand vous êtes libéré de tout souci que vous expérimentez la paix.

Vous pouvez accomplir beaucoup de yajna et yaga et entreprendre un grand nombre de pratiques spirituelles, mais tout cela ne servira à rien si vous n’en comprenez pas la signification sous-jacente. Vous pouvez tout oublier en ce monde, mais n’oubliez jamais Dieu. Tel est Mon Message pour vous aujourd’hui. (Applaudissements prolongés).

Bhagavân conclut Son discours avec le bhajan : « Bhaja govindam, bhaja govindam, moodha mathe… »

Extrait du discours de Bhagavân prononcé le 12 août 2006 dans le Sai Kulwant Hall à Prasanthi Nilayam à l’occasion du 4ème jour du Ati Rudra Maha Yajna.

Traduit et tiré du Site Web officiel de l’Organisation Sathya Sai Internationale.

Copyright : Sri Sathya Sai Books and Publications Trust, Prasanthi Nilayam, Inde



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