Ati Rudra Maha Yajna (3)




Contemplez sans cesse Dieu et atteignez la Divinité


DISCOURS DE BHAGAVÂN BABA du 11 août 2006

« Le Seigneur de Kailâsa a manifesté Sa forme divine
Avec Sa tête ornée d’un croissant de lune,
Avec l’eau fraîche du Gange coulant entre les mèches de cheveux entrelacées,
Avec Son troisième œil irradiant au milieu du front, et
Son cou pourpre luisant de l’éclat d’une mûre.
Il porte des serpents en guise de bracelets et un serpent en guise de ceinture ;
Tout Son corps est enduit de vibhutî ;
Son front est orné d’un point de kumkum ;
Ses lèvres rubicondes reluisent avec le jus de bétel.
Des boucles d’oreilles en or serties de diamants pendent à ses oreilles.
Tout Son corps resplendit d’un rayonnement 
divin ! »
(Poème telugu)

Incarnations de l’Amour !

L’Univers entier est pénétré par le Seigneur Dakshinâmûrthi (un des noms de Shiva). Le monde est le reflet, la réaction et la résonance de Dakshinâmûrthi. Dakshinâmûrthi est toujours jeune. Maintenant et à jamais, Dakshinâmûrthi reste jeune. Cependant, Ses disciples ont un âge avancé. Ils sont vénérables et imprégnés de la Connaissance sacrée. Ils répandent Son message de bien des manières. Il est impossible de décrire la véritable nature du Seigneur Dakshinâmûrthi.

« Les histoires du Seigneur sont étonnantes.
Elles purifient la vie des gens dans les trois mondes.
Elles sont comme la faucille qui coupe les plantes grimpantes de l’esclavage terrestre.
Elles sont comme un bon ami qui vous aide en temps de besoin.
Elles sont comme un abri pour les sages et chercheurs qui font pénitence dans la forêt. »
(Poème telugu)

Comment peut-on décrire la gloire de Dakshinâmûrthi ? Sa nature défie toute description. Il est le silence personnifié. Son silence communique de lui-même toute sagesse aux chercheurs. De ce silence émanent sujnâna, la connaissance discriminatoire, vijnâna, la plus haute sagesse, et prajnâna, la Conscience constante et intégrée. Il resplendit de Sagesse divine. Un doux sourire danse sans cesse sur Son visage. Décrire la nature de Dakshinâmûrthi est impossible. Il est nirgunam, niranjanam, sanâtana niketanam, nitya, suddha, buddha, mukta et nirmala svarûpinam. Dieu est sans attributs, pur, ultime Demeure, éternel, sans tâche, éclairé, libre et l’Incarnation du sacré.

Aucune description ne peut pleinement expliquer Sa véritable nature. Sa forme est rayonnante et merveilleuse. Comment quelqu’un pourrait-il décrire une telle Incarnation de l’Amour ! Il est l’Incarnation de la Vérité !

« La création émerge de la Vérité et s’immerge dans la Vérité.
Existe-t-il un endroit dans le Cosmos où la Vérité n’est pas ?
Visualisez cette Vérité pure et sans tâche. »
(Poème telugu)

Il n’existe aucun lieu en ce monde qui ne soit pénétré par la Vérité. La Vérité est immuable. Tout objet en ce monde peut subir un changement, mais pas la Vérité !

La célèbre musicienne, M.S. Subbulakshmi, avait l’habitude d’invoquer les bénédictions du Seigneur Dakshinâmûrthi avant de commencer son récital. Personne ne peut accomplir la moindre tâche sans invoquer les bénédictions du Seigneur Dakshinâmûrthi. C’est seulement par Sa Volonté divine que tout est possible. Toutes les Formes divines ont émergé de Dakshinâmûrthi. Il est jeune et pourtant tous les pouvoirs divins sont immanents en Lui. Où se trouve ce Dakshinâmûrthi omniprésent et toujours jeune ?

« Sarvatah panî pâdam tat sarvathokshi siromukham
Sarvatah sruthimalloke sarvamavruthya tishthati »

« Avec Ses mains, Ses pieds, Ses yeux, Sa tête, Sa bouche et Ses oreilles pénétrant tout
Il pénètre l’Univers tout entier. »

Le Seigneur Dakshinâmûrthi est présent dans les yeux qui voient, les oreilles qui entendent et le nez qui inspire et expire l’air. Tous les mots que nous prononçons Lui appartiennent. En fait, Il est l’Auteur primordial de toutes les activités qui se déroulent durant les états de veille, de rêve et de sommeil profond. Nous devons donc vivre en ayant constamment conscience de la Nature du Seigneur Dakshinâmûrthi.

La Divinité est omnipénétrante. Il n’existe aucun endroit dans cet Univers qui ne soit pénétré de Dieu. Il n’existe aucun objet en ce monde qui ne soit divin. Chaque objet, chaque individu, voire même les insectes et les bactéries sont les incarnations du Seigneur Dakshinâmûrthi, à savoir le Principe divin qui se manifeste sous différentes formes :

« Les bijoux sont nombreux, mais l’or est un,
Les vaches sont nombreuses, mais le lait est un,
Les êtres sont nombreux, mais le souffle est un,
Les formes sont nombreuses, mais Dieu est Un. »
(Poème telugu)

Tout le monde doit reconnaître cette vérité. Vous pouvez chanter la Gloire de Dieu sous différents noms - Râma, Krishna, Govinda, Nârâyana, etc. - cependant, Dieu n’a pas de formes ni de noms particuliers. Tous les noms et formes sont les Siens. Le Principe Dakshinâmûrthi pénètre tous les êtres. Il est caitanya svarûpa, l’incarnation de la Conscience. Là où est la Conscience, là est Dakshinâmûrthi. La Conscience est présente en tous les êtres humains.

Mais l’homme est incapable de réaliser cette Conscience divine en raison de son attachement au corps physique. L’effet du complexe corps-mental-intellect-citta-ahamkâra obscurcit le principe Dakshinâmûrthi. De plus, les arishadvargas, les six ennemis intérieurs, à savoir le désir, la colère, l’avidité, l’illusion, l’orgueil et la jalousie arrivent sur la voie de la réalisation du Principe divin comme des nuages sombres couvrant la splendeur du soleil. Nous pensons que le soleil n’est pas visible, mais, dès que les nuages se dispersent, le soleil apparaît dans toute sa splendeur. De même, si vous parvenez à éliminer les ‘nuages’ de l’ignorance (ajnâna), de l’ego (ahamkâra), et des six ennemis intérieurs (arishadvargas), vous serez à même de réaliser que Dakshinâmûrthi est le Soi rayonnant, la Conscience divine présente en vous.

Tout être humain devrait faire l’effort de se dépouiller des arishadvargas. En chantant le Nom divin et en contemplant sans cesse la Divinité, on peut se débarrasser de ces nuages sombres. En fait, les arishadvargas ne sont pas les qualités innées d’un être humain, il les acquiert seulement au cours de la vie. Elles sont auto-acquises. Elles viennent une par une et se placent comme des nuages épais sur la psyché de l’être humain.

Par exemple, un seul bracelet que l’on tient dans sa main ne fait pas de bruit. Si l’on y ajoute un second bracelet, ils se mettent à faire du bruit. Un être humain commence sa vie comme simple individu. Graduellement, il développe des besoins illusoires comme la famille, etc. Cela est kama, le désir. Dû à ce désir, il se marie, et lui et sa femme deviennent deux. Au cours du temps, le deux se multiplie et devient ‘plusieurs’ avec les enfants, les petits-enfants, etc. Ainsi, la famille s’agrandit. Cet asservissement humain est le propre fait de l’homme et non le cadeau de Dieu.

C’est pourquoi, très tôt dans la vie, on devrait s’efforcer de ne pas tomber dans l’asservissement. C’est le message que le Seigneur Dakshinâmûrthi a enseigné par son exemple. C’est parce qu’Il n’est pas tombé dans l’asservissement qu’Il est toujours considéré comme jeune et frais.

Un être humain ne devrait pas dégénérer en animal. Il devrait mener la vie d’un être humain. Alors seulement est-il digne d’être appelé un être humain. Sans cela, le danger existe qu’il dégénère en animal.

C’est seulement chez les animaux que les qualités de kama, krodha, lobha, moha, mada et matsarya, à savoir, le désir, la colère, l’avidité, l’illusion, l’orgueil et la jalousie se manifestent dans une large mesure. Nous devrions toujours vivre comme des êtres humains à deux jambes et non comme des animaux à quatre pattes. Tout individu doit constamment se rappeler qu’il est un être humain et pas un animal. Il doit développer la foi qu’il n’est pas simplement un être humain, mais qu’il est véritablement une incarnation de la Divinité. Le mental, l’intellect, citta, les sens et l’ego se mettent en travers du chemin de la réalisation de cette vérité.

Vous dites : « Ceci est mon mouchoir », cela suppose que vous êtes différent du mouchoir. De même, vous dites : « Ce gobelet est à moi », cela présume que le gobelet est séparé de vous. Vous dites : « Ceci est mon corps », cette déclaration implique que vous n’êtes pas le corps. Quand vous dites « mon mental », cela signifie que vous êtes différent du mental.

La question surgit alors : « Qui êtes-vous ?” Puisque vous êtes différent de toutes ces choses, vous êtes à même de pouvoir dire « mon corps, mon mental », n’est-ce pas ? Le résultat de cette enquête établit la vérité que vous êtes ‘Vous’ et pas le corps, le mental, l’intellect, citta, les sens, ni ahamkâra, l’ego. Cependant, en vous associant à ceux-ci, vous développez diverses qualités.

Un paan se prépare en mélangeant trois ingrédients - des feuilles de bétel, des noisettes en poudre et du jus de citron. Quand on le mâche, la bouche et les lèvres deviennent rouges. C’est le citron qu’il contient qui en est responsable. Toutefois, la quantité de jus de citron ne devrait pas excéder la dose prescrite, sans quoi il provoquerait de l’inflammation dans la bouche.

De même, l’homme devrait fixer des limites raisonnables à ses activités. C’est seulement quand l’homme s’en tient à ses propres limites qu’il mène la vie d’un être humain. À partir du moment où il transgresse ses limites, il devient un démon. Un être humain devrait vivre uniquement comme un être humain. Le terme manava, être humain, se compose de trois syllabes : ‘ma’ qui signifie mâyâ, (l’illusion ou l’ignorance), ‘na’ qui signifie ‘sans’ et ‘va’ qui signifie ‘se conduire’. Ainsi, manava, l’être humain, est celui qui se conduit sans illusion. Le Seigneur Dakshinâmûrthi enseigna cette Sagesse suprême (jnâna). Il enseigna que, même si nous avons reçu le don d’un corps humain, nous ne devrions pas développer de l’attachement pour ce corps.

Incarnations de l’Amour !

La qualité innée la plus importante en l’être humain est l’Amour. C’est un don hérité de la mère. L’Amour est Dieu, vivez dans l’Amour. Vous devez mener votre vie avec amour. Qui que vous rencontriez, considérez-le comme l’incarnation de Dieu. Même si vous rencontrez quelqu’un qui vous hait, saluez-le. Alors seulement vous pourrez être considéré comme un être humain véritable.

Soyez toujours conscient du fait que Swami est le Témoin éternel de tout ce qui se passe dans le monde et qu’Il vous regarde. Ne vous associez pas à des groupes qui sèment la discorde. C’est seulement quand vous vous joignez à de tels groupes qui s’opposent que des divergences de toutes sortes se développent. Il en existe plusieurs dans le monde actuel.

Celui qui contemple sans cesse Dieu est le plus noble de tous les êtres humains.

« Sarvadâ sarvakâleshu sarvatra hari cintanam »
« Contemplez Dieu partout, à tout moment et en toute circonstance. »

Ainsi, vous devez passer votre temps dans la contemplation constante de Dieu. Même votre corps doit être engagé dans le travail de Dieu. Votre vie tout entière doit être saturée de Divinité.

Notre intellect ne se développe que lorsque nous menons une vie divine. La vie ne deviendra divine que si nous développons la dévotion pour Dieu. La qualité humaine sera sanctifiée et notre vie rachetée. Avant tout, vivez comme d’authentiques êtres humains. Alors seulement, vous pourrez atteindre la Divinité.

Dans le tretâyuga, le Seigneur Râma fut tout d’abord considéré comme un être humain ordinaire. Les gens ne Le louèrent comme Dieu que lorsqu’Il tua Râvana et détruisit les forces démoniaques.

Incarnations de l’Amour !

Vous ne pouvez expérimenter la Béatitude tant que vous êtes affligés des arishadvargas, les six ennemis intérieurs.

Dieu est l’incarnation de la Béatitude.

L’Âtman est nityânandam, paramasukhadam, kevalajnâna-mûrtim, dvandvâtîtam, gagana sâdrishyam tat-tvam-asi-lakshyam, vimalam, acalam, sarvadhî sâkshibhûtam, bhâvâtî-tam, trigunarahita (L’Âtman est l’Incarnation de la Béatitude éternelle, de la Sagesse absolue, Il est au-delà des paires d’opposés, expansif et pénétrant comme le ciel, le but indiqué par la grande maxime tat tvam asi, le Un sans second, éternel, pur, immuable, Témoin de toutes les fonctions de l’intellect, au-delà des conditions mentales et des trois attributs : sattva, rajas et tamas.)

Pour expérimenter cela, on devrait toujours s’efforcer d’être heureux et d’éliminer les six ennemis intérieurs.

Vous devez mener votre vie de façon à ce qu’elle transcende la dualité, les paires d’opposés. Vous ne pouvez être considéré comme un être humain véritable que lorsque vous menez une vie divine. Si certaines qualités mauvaises se développent en vous, souvenez-vous du Nom de Dieu pour vous en débarrasser. Si vous contemplez Dieu sans cesse, vous deviendrez vous-même Dieu !

Incarnations de l’Amour !

Vous êtes tous les incarnations de l’Amour, au vrai sens du terme. Vous ne pouvez vivre ne serait-ce une seconde sans Amour. Vous pouvez exprimer cet Amour de bien des manières. Développez l’Amour. Vivez comme des incarnations de l’Amour. Graduellement, atteignez la Divinité. C’est le message important que Je vous transmets aujourd’hui. Je développerai davantage ce sujet dans les prochains jours.

Extrait du Discours de Bhagavân prononcé dans le Sai Kulwant Hall à Prasanthi Nilayam, le 11 août 2006, le troisième jour du Ati Rudra Maha Yajna

Traduit et tiré du Site Web officiel de l’Organisation Sathya Sai Internationale.

Copyright : Sri Sathya Sai Books and Publications Trust, Prasanthi Nilayam, Inde



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