FAITES L’EXPÉRIENCE DE LA DOUCEUR

 DU NOM DE RĀMA

Extrait du discours prononcé par
Bhagavān Sri Sathya Sai Baba,
le 7 avril 2006, à Prasanthi Nilayam

à l’occasion de :
Sri Rāma Navami

Notre terre mère de Bhārat a donné naissance à de nombreuses âmes nobles qui se sont fait un nom et une réputation sur tous les continents du monde. Depuis des temps immémoriaux, de nombreux sages et prophètes de Bhārat ont sanctifié leur existence en propageant le Rāma Tattva (le Principe de Rāma). L’épopée qui a pour nom le Rāmāyana fait partie du Tretā Yuga[1]. Bien que des milliers d’années se soient écoulés, le Rāmāyana continue à être lu avec révérence dans chaque village et dans chaque hameau.

Faites ce que vous dites

Même aujourd’hui, jeunes et vieux chantent le nom sacré de Rāma avec une grande dévotion. Il leur arrive d’oublier les autres noms mais pas le Rāma Nāma (le Nom de Rāma). Qu’ils soient millionnaires ou pauvres, lorsque les gens sont confrontés à des difficultés, ils trouvent refuge dans le nom divin de Rāma. Il est difficile de trouver à Bhârat une seule personne qui ne médite sur le nom de Rāma ou ne le chante. De nombreux sages du passé ont fait pénitence et prononcé divers vœux afin de répandre la gloire du Rāma Nāma de par le monde. Cependant, Rāma n’a jamais souhaité que quiconque chante Son nom, pas plus qu’Il n’a demandé à quiconque de méditer dessus. En fait, Il a déclaré que tous les êtres humains sont les incarnations de la Divinité.

L’enseignement premier de Rāma est de s’ouvrir à satya (la vérité). Lorsque l’on fait cela, on est capable d’entretenir et de promouvoir le dharma. Le dharma (la droiture) n’est pas limité à un endroit ou à un pays en particulier ; il est présent partout et en tout être. Le dharma émane de satya. En fait, il ne peut exister sans satya. Mais qu’est-ce que le dharma ? Dharayati iti dharma (ce qui nourrit est le dharma). Certaines personnes font l’erreur de croire que œuvrer en accord avec le dharma signifie simplement entreprendre des actions telles que nourrir les pauvres ou d’autres actes de charité. Le dharma doit venir du cœur. Lorsque c’est le cas, alors il est possible de le mettre en pratique. Faites ce que vous dites. Voilà le devoir premier de l’homme. Il faut que les paroles et les actes soient en parfaite harmonie. Faire quelque chose de contraire à ce que l’on a dit montre que nous sommes habités par adharma (l’absence de droiture). Il faut également analyser et peser soigneusement les pour et les contre avant de dire quelque chose. Manasyekam vachasyekam, karmanyekam mahātmanam (Ceux dont les pensées, les paroles et les actes sont en parfaite harmonie sont des âmes nobles). Vous dites que vous êtes des êtres humains, mais vous ne pouvez porter ce nom-là que si vos pensées, vos paroles et vos actes sont en harmonie. Rāma est parvenu à l’unité de pensée, de parole et d’action ; chez Rāvana, les pensées, les paroles et les actes se contredisaient. Manasyanyath vachasyanyath, karmanyanyath durātmanam (Ceux dont les pensées, les paroles et les actes ne sont pas en harmonie sont des âmes viles).

Nourrissez et renforcez les qualités naturelles qui sont en vous

Il existe bien entendu un conflit entre satya (la vérité) et asathya (le manque de vérité), dharma (la droiture) et adharma (l’absence de droiture). Rāma suivait scrupuleusement satya alors que Rāvana se livrait à asatya. Il n’y a pas de plus grand dharma que de s’abandonner à satya. Par conséquent, nous devrions nous en tenir à la vérité, même lorsqu’il s’agit de choses sans conséquence. Nous ne devrions jamais mentir afin d’échapper à une situation difficile.

La création naît de la vérité
et se fond dans la vérité.
Y a-t-il un endroit dans le cosmos
où la vérité n’existe pas ?
Visualisez cette vérité pure
et sans tache. 

(Poème telugu)

En fait, la vérité est à la base de la création tout entière. Si, pour quelque raison que ce soit, cette base est ébranlée, le monde entier s’écroule. Pourquoi l’homme moderne est-il confronté à toutes ces épreuves et ces souffrances ? C’est parce qu’il a oublié la vérité. Il est confronté à l’humiliation et au discrédit parce qu’il se complaît dans l’injustice et le mensonge. Voilà pourquoi il ne faut pas se résoudre au mensonge, quelles que soient les circonstances. Il ne faut dire que la vérité. Satya est un mot très court. Mais il évoque sath (l’éternité inaltérable). Et comme nous essayons de changer cette vérité inaltérable, nous subissons des changements et nous nous dénaturons.

Mes chers étudiants !

Vous êtes jeunes. Si vous suivez la vérité dès votre jeune âge, vous deviendrez certainement des modèles pour le pays tout entier. Qu’est-ce que la vérité ? La parole de Dieu est la vérité. Il en résulte que, lorsque vous parlez et agissez en fonction de Sarva karma Bhagavad prītyartham (ce qui plaît à Dieu), tout est vérité. Chaque pensée, chaque sentiment émanant de l’homme est un reflet de sa vérité intérieure. Malheureusement, cela se transforme en mensonge lorsqu’il utilise sa langue à mauvais escient. À la langue correspond un des cinq sens. Ces sens sont à l’origine des changements qui se produisent en nous. Ils sont responsables de nos péchés ou de nos mérites.

Les panchabhūta (les cinq éléments) régissent cet Univers tout entier, de la terre jusqu’au ciel. Il n’y a rien en dehors de ces cinq éléments dans l’Univers. On trouve ces mêmes cinq éléments dans chaque être humain sous une forme subtile. Il faut prendre conscience de cette vérité et se conduire en conséquence. Satya (la vérité), dharma (la droiture), shānti (la paix), prema (l’amour) et ahimsa (la non-violence) que vous portez en vous doivent être nourris et renforcés. Satya est le chemin. Le suivre, c’est le dharma. Prema est l’expérience. Alors seulement, ahimsa peut se manifester. Himsa (la violence) ne se limite pas à blesser ou à faire souffrir les autres ; agir à l’inverse de ce que l’on dit relève aussi de himsa. Il ne peut y avoir de plus grand ahimsa que d’utiliser notre langue de manière sacrée.

Shānti (la paix) ne se trouve pas quelque part ailleurs. Elle est à l’intérieur de nous. Il y a de nombreuses et diverses qualités en nous. Il nous revient de faire bon usage de ces qualités. On peut se demander : « Pourquoi Dieu ne change-t-il pas notre nature ? » Mais Dieu n’interfère en rien. Il est témoin de ce qui se passe. Ce n’est pas à Dieu de vous dire ce qui est bon et ce qui est mal. Vos propres pensées et sentiments vous disent ce qui est bon et ce qui est mal. Si vous mangez du concombre, vous aurez un renvoi de concombre. De la même manière, ce qui est en vous se reflète à l’extérieur. Le mal que vous voyez chez les autres n’est rien d’autre que le reflet de vos propres pensées. Certaines personnes sont constamment plongées dans des pensées matérielles. Ces personnes ne pourront jamais être heureuses. Seuls ceux dont le mental est stable peuvent atteindre, sans même y penser, la félicité. Certains estiment être très intelligents et font constamment référence à leur savoir académique. Ce type d’orgueil est comme une allergie. Une fois que l’allergie commence à se répandre, elle sape leur énergie. Malheureusement, aujourd’hui nous développons des allergies au lieu de libérer de l’énergie. Ne passez pas votre temps à vous demander si quelque chose est bon pour vous ou pas. Tout est bon. Vous devez considérer tout ce qui vous arrive comme étant bon pour vous. Lorsque vous y parviendrez, alors vous vous apercevrez que tout est effectivement bon pour vous.

Incarnations de lAmour !

Aimez vos semblables. Ne détestez personne. Ne comprenez pas de travers ce que l’on vous dit. Certaines personnes comprennent tout de travers, même quand il s’agit de Dieu ! C’est le pire des péchés. Voilà pourquoi vous ne devez pas vous complaire dans ce genre d’erreur. Si, pour quelque raison que ce soit, de telles pensées vous traversent l’esprit, considérez-les comme vos ennemies et chassez-les. Soyez toujours pleins d’amour et d’entrain ! Car seul l’amour vous protège et vous nourrit. Vous êtes vous-mêmes les incarnations de l’amour. Où il y a de l’amour, la haine ne peut entrer.

Incarnations de lAmour !

Le corps humain est un monde en miniature. Il est constitué des panchabhūta (les cinq éléments), des panchendriya (les cinq sens) et des pancha prāna (les cinq souffles de vie) qui tour à tour naissent de la vérité, sont nourris par la vérité et finissent par se fondre dans la vérité. Voilà pourquoi il faut suivre le chemin de la vérité avec ferveur. Comme les gens déforment la vérité, ils perdent leur pureté. La seule chose qui rende un cœur impur est la tendance à déformer la vérité. De ce fait, si quelqu’un souhaite conserver la pureté et le caractère sacré de son cœur, il lui faut dire la vérité. Si vous vous abandonnez à la vérité, tout ce que vous direz sera bénéfique. Certaines personnes se plaignent ainsi : « Swami, alors même que nous avançons sur le chemin de la vérité, le mensonge continue à nous perturber ! Comment cela se fait-il ? » On peut répondre à cette question par ce simple exemple. Alors que le Gangā (le Gange) dont les eaux sont pures et claires suit son cours, certains courants et ruisseaux formés par l’eau de pluie viennent se mêler à lui ; ce faisant, ils polluent le fleuve. Il faut donc faire attention à ce que des impuretés ne viennent pas polluer la pureté et l’inaltérable vérité d’un cœur. C’est à cause de la faiblesse de nos sens que diverses impuretés pénètrent nos cœurs et les polluent. Ces impuretés sont les arishadvarga (les six ennemis intérieurs de l’homme) : kāma (le désir), krodha (la colère), lobha (l’avidité), moha (l’attachement), mada (l’orgueil) et mātsarya (la jalousie). Même un seul atome d’impureté peut détruire la pureté du nectar.

Un jour, un compositeur écrivit cette chanson :
Je suis conscient que tu es comme la lune dans le ciel lointain ;
Mon esprit pourtant tente de t’atteindre ;
Je ne sais pas pourquoi…

(Chanson telugu)

Mais où est la lune ? Pas dans le ciel lointain. C’est notre mental lui-même qui est la lune. Nous sommes incapables de garder le contrôle de notre mental à cause de ces six ennemis intérieurs qui se mettent en travers de notre chemin. N’est-il pas prouvé que, par une nuit de pleine lune, même la lumière brillante de la lune n’est pas visible si les nuages la masquent ? Mais, dès que les nuages s’éloignent, la lune redevient visible. Il en va de même pour nous ; il nous faut constamment faire nāmasmarana si l’on  veut chasser les nuages que sont ces six ennemis intérieurs.

Suivez les idéaux définis par Rāma

Aujourd’hui, nous célébrons Sri Rāmanavami. En ce jour sacré, nous devons prendre la décision de suivre les enseignements de Rāma. Les deux enseignements principaux de Rāma sont satya et dharma. Ne vous considérez pas comme un simple être humain. Ayez totalement confiance dans le fait que vous n’êtes nul autre que Rāma ! Les gens disent souvent : « Seul mon Ātmarāma le sait ! » Ce qui signifie que notre ātma lui-même est l’incarnation du Seigneur Rāma ! L’ātma n’a pas de forme spécifique. L’ātma qui régit l’Univers tout entier est également celui qui a pris forme et s’est incarné en Rāma. Il en va de même pour le dharma qui a pris la forme de Lakshmana, celui qui suivait constamment Rāma. Lakshmana considérait Rāma comme son souffle de vie même. Rāma était tout pour lui.

Je T’ai abandonné mes richesses, ma famille et même mon âme. 
À présent, viens à mon secours. 
En Toi seulement, je cherche refuge.

 (Sloka sanskrit) 

Alors que Rāma, Sītā et Lakshmana étaient en exil, Lakshmana s’aventura un jour dans un endroit particulier de la forêt. Très rapidement, il fut assailli par de mauvaises pensées. Dès qu’il fut rentré, il dit à Rāma : « Ô Rāma ! Pourquoi devons-nous faire face à tous ces problèmes ? Pourquoi Sītā, l’innocente mère, devrait-elle subir de telles épreuves ? Viens ! Retournons immédiatement à Ayodhyā. » Sītā fut surprise de ce brusque changement dans le comportement de Lakshmana. Comme Rāma était au courant de tout, Il fit venir à Lui Lakshmana en souriant et lui demanda de s’asseoir à Ses côtés. Lakshmana comprit aussitôt son erreur. La mort dans l’âme, il demanda à Rāma : « Mon cher frère, comment ces mauvaises pensées ont-elles pu envahir mon esprit ? Cela ne m’était jamais arrivé auparavant. » Rāma lui expliqua : « Mon cher frère, ce n’est pas ta faute ! Nous sommes sur le territoire d’un démon. Voilà pourquoi tu as été tourmenté par toutes ces vilaines pensées ! » Dites-moi avec qui vous êtes, Je vous dirai ce que vous êtes. Car vos pensées ressemblent à ceux qui vous accompagnent. Voilà pourquoi il vous faut vous préserver des gens nocifs pour vous. Recherchez la compagnie d’âmes bonnes et nobles. Alors, vous n’aurez que de bonnes pensées. Car vos pensées donnent naissance à une réalité de même nature. Yad bhavam tad bhavati (Tels sentiments, tels résultats).

Alors que Kaushalyā pleurait parce que Rāma venait de partir dans la forêt, Sumitrā essaya de la réconforter en lui disant : « Ma chère sœur, pourquoi pleures-tu ? Parce que Rāma est parti dans la forêt ? Non. Non, tu te trompes en croyant que Rāma pourrait aller vivre dans la forêt en nous laissant jouir de tous les conforts à Ayodhyā. En fait, là où se trouve Rāma, c’est Ayodhyā ; le reste n’est rien d’autre qu’une forêt. Nous devons vivre notre vie avec équanimité ; nous devons demeurer aussi sereines devant le bonheur que devant la souffrance. Nous expérimentons tour à tour le bonheur et la souffrance. Il ne faut pas que nous nous laissions affecter par eux ! Nous ne devons jamais nous laisser submerger par le bonheur et déprimer par la souffrance. Existe-t-il un seul être humain dans ce monde qui ne connaisse ni le bonheur ni la souffrance ? Le fait est que Rāma est à la fois omniscient et omnipotent. Il ne sera jamais blessé par des animaux sauvages ou des démons alors qu’il est dans la forêt. »

Kaushalyā s’inquiétait également au sujet de Sītā qui avait accompagné Rāma dans la forêt. Rāma avait bien essayé de dissuader cette dernière de le suivre en lui disant : « Sītā, la forêt est pleine de buissons épineux et d’animaux sauvages ! Il te faudra affronter de nombreuses difficultés si tu vas dans la forêt ! » Sītā avait alors exposé son point de vue à Rāma : « Ô Rāma ! Tu es le protecteur du monde entier ! Ne peux-Tu protéger Ta propre femme des animaux sauvages ? Tu es omniprésent, omnipotent, omniscient. Je suis absolument certaine qu’aucun animal sauvage ne pourra me faire de mal tant que je serai à Tes côtés. Je n’éprouve pas ce genre de peur ! » Rāma fut très heureux des paroles de Sītā.

Lorsque Sītā fut enlevée par Rāvana, Rāma et Lakshmana furent tous deux très inquiets à son sujet. Bouillonnant de colère à cause de l’acte vil commis par Rāvana, Lakshmana vint trouver son frère aîné, Rāma, et Lui dit : « Mon cher frère, donne-moi Ta permission et j’irai réduire en cendre tous ces horribles démons ! » Rāma lui conseilla alors d’être patient : « Lakshmana, nous n’avons pas besoin de faire ce genre de choses ! Les démons se détruiront d’eux-mêmes ! Car leurs propres vices finiront par se retourner contre eux ! » Plus tard, Rāvana fut tué par Rāma et Son armée de Vānara. Rāma expliqua alors à Lakshmana : « Lakshmana, les gens se conduisent d’une manière particulière et récoltent les conséquences de leurs actes en fonction de leur prārabdha (destinée) et des qualités qu’ils manifestent. Nous n’avons pas besoin de nous inquiéter à ce sujet. Aussi longtemps qu’un homme accorde de l’importance aux objets matériels et pense en termes de ‘ce qui est à moi et ce qui est à toi’, il connaîtra la souffrance. Voilà comment il faut considérer les objets matériels : ils ne sont pas à moi. Tous sont des incarnations du Divin. » 

Toute action devrait être menée afin de contenter Dieu. Celui qui alimente son ego en ne pensant qu’en termes de ‘Je’ et de ‘ce qui est à moi’ est sûr de périr. Vous dites : « Ceci est à moi » et « Cela est à moi. » Mais qu’est-ce qui vous appartient vraiment ? Votre corps ? Votre mental ? Votre intellect ? Ou bien vos sens ? Vous dites : « C’est mon corps ! », « C’est mon mental ! », « C’est mon intellect ! » et ainsi de suite. Mais rien de tout cela ne vous appartient vraiment. Ce corps que vous considérez comme vôtre finira par vous quitter en une fraction de seconde, sans même que vous en ayez conscience. Il en va de même du mental qui vagabonde comme un singe. Est-il possible de dompter ce singe fou ? Ne dites pas : « Je suis ceci ou je suis cela ! » Dites simplement : « Je suis Je. » Voilà la description juste de ce que vous êtes. La réponse correcte à la question : « Qui êtes-vous ? » est : « Je suis Je. »

Rāma n’a jamais critiqué ou blessé quiconque. Qui pourrait donc ressentir de la haine à Son égard ? Les bonnes actions de Rāma Lui ont valu de bons résultats. Voilà pourquoi lorsque nous faisons le bien autour de nous, nous ne connaissons ni souffrance ni difficultés. Et lorsque nous avons quand même l’impression d’être confrontés à des difficultés, la faute nous en incombe. Dieu n’est pas responsable de ce que nous souffrons et des difficultés que nous connaissons ; c’est l’inconstance de nos sens qui en est l’origine. Voilà pourquoi il nous faut contrôler nos sens. Si nous en sommes capables, alors il nous sera possible de contrôler tout le reste. C’est l’essence même des enseignements de Rāma. Le Rāmāyana ne raconte pas seulement l’histoire de Rāma. Il raconte l’histoire de chaque être humain.

La douceur du Rāma Nāma ne diminue jamais

Nous blâmons Dieu pour nos souffrances et nos difficultés. Mais Dieu aime chacun d’entre nous de la même façon. Il n’a de haine pour personne. Il est toujours plein d’entrain et souriant. Le sourire est l’apanage des êtres divins. Car là où il y a un sourire, il ne saurait y avoir la moindre haine ! Rien ne peut perturber celui qui possède de tels attributs divins. Voilà pourquoi il faut toujours sourire et se montrer plein d’entrain. N’ayez jamais l’air de celui qui vient d’avaler de l’huile de ricin. Certains étudiants sont très inquiets au sujet des examens ; ils voudraient sans cesse qu’on les repousse dans le temps. Pourtant, plus vite vous les aurez passés et réussis, plus vite vous serez en classe supérieure. Plutôt que de vous inquiéter à propos des examens, dépêchez-vous de passer en classe supérieure. Le fait d’être pressé d’aller de l’avant n’entraîne aucune inquiétude.

Venez ! Ô fidèles ! Venez !
Acceptez la douceur du Rāma Nāma ;
N’achetez ni ne dégustez d’autres sucreries par ignorance,
Elles affecteront votre santé.
En mélangeant l’essence des Veda
avec le lait des déclarations védiques,
En y ajoutant le sucre
des subuddhi (les vertus)
et le beurre clarifié de nibaddhi (la vérité),
En ôtant ce qu’il y a de vil dans abaddhamu (l’impiété),
Nos anciens rishi ont préparé
la sucrerie la plus délicieuse qui soit : le Nom de Rāma.

(Chanson telugu)

Vous allez abîmer votre santé si vous mangez toutes les sortes de sucreries que l’on trouve sur le marché. Ces bonbons ont peut-être du goût, mais ils sont nocifs pour vous. Alors que le met sucré du Rāma Nāma a été préparé par nos grands rishi. Il a un effet merveilleux sur votre mental. Il ne se perd ni ne peut être dénaturé. Plus vous mangerez de cette douceur qu’est le Rāma Nāma, plus vous en tirerez de la joie. Car elle est plus douce que le sucre et plus savoureuse que le yaourt.

Le nom divin de Rāma est plein de douceur et ne perd jamais de sa douceur. Il y a eu de nombreuses incarnations de Dieu sur Terre. Mais le nom divin de Rāma est demeuré éternel. Depuis des temps anciens, le Rāma Nāma est considéré par tous comme un Taraka Mantra (un Mantra qui libère). Aussi bien les enfants que les personnes âgées peuvent goûter à la félicité que l’on éprouve en chantant le Rāma Nāma. L’âge n’est pas un obstacle lorsqu’il s’agit de faire l’expérience de la douceur du Rāma Nāma. Il y a une douceur immense dans ce nom. N’oublions jamais, ne serait-ce qu’une seconde, le nectar si doux et délicieux du Rāma Nāma. Malheureusement, aujourd’hui, les gens oublient de chanter le Rāma Nāma. C’est ce qui fait leur malheur.

Vivez une vie idéale et exemplaire

Lorsqu’il fut demandé à Mīrābāi de quitter le temple de Krishna qui se trouvait à l’intérieur du palais, près du Mahārana, elle s’inquiéta, prise d’angoisse : « Comment pourrais-je quitter mon cher Seigneur Krishna et m’en aller ! » Néanmoins, sa foi sans faille en Krishna fit naître en elle une ferme conviction. « Je suis sûre que Krishna Lui-même viendra avec moi. » Elle se mit alors à prier le Seigneur Krishna en ces termes : « Ô Seigneur ! Il m’a fallu faire de gros efforts pour obtenir les précieuses perles du Nom divin. Accorde-moi de ne pas perdre cette perle inestimable. » Sans cesser de chanter le nom de Krishna, elle se rendit à Dvārakā. Mais elle trouva les portes du temple closes. Incapable de supporter plus longtemps l’agonie de la séparation d’avec son cher Seigneur Krishna, elle se mit à se cogner la tête contre les portes du temple. Et tout à coup, les portes s’ouvrirent et le Seigneur Krishna apparut devant elle. Après avoir célébré le darshan de son cher Seigneur, Mīrābāi fusionna avec Lui.

Il nous faut ouvrir notre cœur. Mais pas notre cœur physique. Si le cœur physique s’ouvre, alors il faut l’opérer. Ouvrir son cœur signifie cultiver en soi la générosité. Certaines personnes parmi nous s’assoient en étalant leurs jambes et occupent ainsi beaucoup de place. Alors que s’ils ramenaient leurs jambes sous eux, il y aurait plus de place et l’on pourrait accueillir d’autres fidèles. Nous pouvons nous aider les uns les autres en nous aimant et en partageant.

Mes chers étudiants !

Les vacances d’été viennent de commencer. À partir de demain, vous allez rentrer chez vous pour passer ces vacances avec vos parents. Passez avec eux de bons moments. Évoquez les jours heureux que vous avez passés ici à apprendre de nombreux enseignements sacrés, car cela rendra vos parents heureux. Si vous êtes heureux, alors eux aussi seront heureux. Faites en sorte de ne jamais rendre vos parents malheureux à cause de votre comportement. Nos parents occupent une place importante dans nos vies. Notre devoir principal est de les rendre heureux. Rechercher votre propre bien-être, votre propre confort, n’est pas suffisant. Avant tout, il faut rendre ses parents heureux. La vie ne se résume pas à khana (la nourriture), pīna (la boisson), sona (le sommeil) et mārana (la mort). Nous ne naissons pas pour manger, parcourir le monde et apprécier les conforts de la vie. Nous  naissons pour servir nos parents et les rendre heureux. Si vous rendez vos  parents heureux aujourd’hui, alors vos propres enfants vous rendront heureux plus tard. Vivez une vie idéale et exemplaire. Ainsi votre vie sera sanctifiée et l’éducation que vous aurez acquise ici dans les institutions Sri Sathya Sai prendra tout son sens. Je souhaite que chacun d’entre vous se forge un nom et une réputation en tant qu’étudiant de cette grande institution.


(Bhagavān termina Son discours avec le bhājan : « Rāma Rāma Rāma Sītā … »)

O0O

Texte tiré et traduit du site web officiel de l’Organisation Sai Internationale

Copyright : Sri Sathya Sai Books and Publications Trust, Prasanthi Nilayam, Inde





[1] Tretā Yuga : l’âge d’argent qui suit l’âge d’or (le Krita Yuga) et qui précède l’âge de cuivre (le Dvāpara Yuga) et l’âge de fer (le Kali Yuga).




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