Dasara (4)


Cultivez des pensées nobles et sacrées


DISCOURS DE BHAGAVÂN BABA du 1er octobre 2006


Incarnations de l’Amour !

« Plus doux que le sucre, plus savoureux que le lait caillé,
Plus doux que le miel est le Nom de Râma.
La répétition constante de ce doux Nom 
Procure la saveur du Nectar divin.
On devrait donc se concentrer sans cesse sur le Nom de Râma. »
(Poème telugu)

Incarnations de l’Amour !

La glorieuse histoire du pays de Bhârat remonte loin dans le passé. En Bhârat (Inde), il n’existe pas un village qui n’ait un temple dédié au Seigneur Râma. Dans n’importe quel village, vous rencontrez au moins quelques personnes qui s’appellent Râma. Depuis les temps anciens, le Râmânama, le chant du Nom de Râma, brille partout avec éclat dans ce pays de Bhârat, sans subir aucun changement. Les asthikas (théistes), les nasthikas (athées) et les asthika-nasthikas, théistes-athées, chantent tous le Nom de Râma. Par exemple, une personne qui se lève de son siège prononce le Nom de Râma. En Bhârat, les gens pratiquent couramment le Râmânama dans leur vie quotidienne. Non seulement ici, mais en Chine aussi le Râmânama est devenu très populaire. En fait, la pratique du Râmânama est répandue dans le monde entier.

Le roi Dasharatha resta longtemps sans enfants. Il avait trois épouses et espérait que l’une d’elles engendrerait un fils qui agrandirait sa lignée. Mais il était déçu et fit pénitence pour être béni d’un enfant mâle. À l’époque, tout comme maintenant, c’est seulement à travers les tapas, ascèses spirituelles, que nos vœux peuvent se réaliser. Le roi et ses trois épouses accomplirent aussi le putrakâmyeshti yajna, le rite sacrificiel du feu pour obtenir un fils. À la conclusion du yajna, le Yajna purusha (le Seigneur qui accepte le yajna) apparut et remit au roi un récipient contenant du payasam (pudding sucré). Il lui dit : « Dasharatha, mon cher fils ! Distribue ce payasam à tes trois épouses dans une égale mesure. » Ce que fit le roi.

Certains textes décrivent différemment cet événement. Il y est mentionné que le roi Dasharatha ne distribua pas le payasam de manière égale à ses trois épouses. Ceci n’est pas correct. Le roi se fit apporter trois coupes en or et les remplit de payasam dans une mesure égale en présence du sage Vasishtha. Il les distribua ensuite à chacune de ses trois épouses - Kausalyâ, Sumitrâ et Kaikeyî. Le sage Vasishtha les bénit en disant : « Puisse votre vœu se réaliser ! » Très heureuses, les reines emportèrent leur coupe dans leurs chambres de prières respectives.

Les pensées de Sumitrâ quant à l’enfant qu’elle engendrerait étaient différentes de celles des deux autres épouses. Son mental était perturbé en raison de certains faits. Lorsque le roi de Kekaya donna sa fille Kaikeyî en mariage au roi Dasharatha, il y mit une condition : le fils qui naîtrait de sa fille gouvernerait le royaume d’Ayodhyâ. Dasharatha accepta cette condition et épousa Kaikeyî ; il ne pouvait donc revenir sur sa parole. Kaikeyî était donc très heureuse puisque le fils qui naîtrait d’elle serait le futur roi d’Ayodhyâ. Quant à Kausalyâ, elle aussi était très heureuse ; étant la première des trois épouses elle était certaine que le fils qu’elle mettrait au monde serait couronné roi d’Ayodhyâ par Dasharatha. Les deux reines, Kaikeyî et Kausalyâ, étaient donc très heureuses.

Quant à Sumitrâ, elle ne nourrissait aucun espoir. Elle se lava les cheveux et monta les escaliers qui menaient à la terrasse pour les sécher au soleil. Vous le savez, en ce temps-là on ne connaissait ni les ventilateurs ni les sèche-cheveux. Elle déposa sa coupe de payasam sur le parapet de la terrasse et se séchait les cheveux quand, soudain, un aigle fondit sur la coupe et l’emporta. Très effrayée, Sumitrâ se dit : « Peu importe que la coupe de payasam soit perdue. Je crains seulement que mon mari et notre guru Vasishtha ne me grondent pour ma négligence. » Elle se rendit immédiatement là où Kausalyâ et Kaikeyî l’attendaient. Voyant son désarroi, Kaikeyî s’enquit : « Chère sœur ! Pourquoi es-tu si perturbée ? »

Sumitrâ raconta tout ce qui s’était passé. En ce temps-là, les femmes ne se disputaient pas comme de nos jours. Elles vivaient comme des sœurs dans l’amour et l’affection. Kaikeyî lui dit : « Chère sœur ! Ne t’inquiète pas. Je partagerai mon payasam avec toi. » Ce disant, elle apporta une coupe et y déposa une part de son payasam. Kausalyâ partagea aussi son payasam avec Sumitrâ.

Ensuite, elles présentèrent les trois coupes au sage Vasishtha pour obtenir ses bénédictions. Le sage les bénit en disant : « Puissiez-vous engendrer des fils qui vivront longtemps, aux qualités nobles, extrêmement valeureux et capables de gouverner le royaume d’une manière qui satisfera les sujets. »

Ce fut Kausalyâ qui la première donna naissance à un fils. L’enfant était exceptionnellement charmant et resplendissant. Le sage Vasishtha lui donna le nom de Râma. Il était magnifique, fascinant et attrayant. Il rendait heureux et contents tous ceux qui venaient Le voir. C’est pourquoi il est dit : « Ramayatîti râmah » – « Celui qui plaît est Râma. » Sumitrâ fut la deuxième épouse à donner naissance à deux fils ; quant à Kaikeyî elle aussi donna naissance à un fils. Le sage Vasishtha se demandait : « Comment se fait-il que Kausalyâ et Kaikeyî aient donné naissance à un fils et que Sumitrâ ait donné naissance à deux fils ? » Il se concentra sur la question et sa vision intérieure lui révéla ce qui s’était réellement passé. Il comprit que les deux enfants nés de Sumitrâ étaient issus des deux parts de payasam que Kausalyâ et Kaikeyî lui avaient données.

Les quatre enfants reçurent le nom de Râma, Lakshmana, Bharata et Shatrughna. Lakshmana était un amsha, une part de Râma et Shatrughna était un amsha, une part de Bharata. Sumitrâ se disait : « Si Râma devient roi, mon fils Lakshmana devrait être son serviteur. De même, si Bharata devait être roi, mon fils Shatrughna le servirait. Je souhaite que mes deux fils n’aspirent jamais au royaume. Cela suffit s’ils servent Râma et Bharata. » Mais elle ne révéla ses pensées à personne.

Dès le moment où ils virent le jour, Lakshmana et Bharata ne cessaient de pleurer. Ils ne mangeaient pas et ne dormaient pas. Ne comprenant pas ce qui pouvait causer leur agitation, Sumitrâ tenta diverses méthodes - mantras, tantras et yantras - mais rien n’y fit, ils pleuraient sans arrêt.


Finalement, elle vint trouver son guru, le sage Vasishtha, et le supplia : « Ô divin guru ! Je n’arrive pas à comprendre pourquoi mes fils pleurent tout le temps. Je vous en prie, faites-m’en connaître la raison. »

Le sage Vasishtha ferma les yeux et sa vision intérieure lui permit de comprendre la cause des pleurs incessants des deux enfants. Il expliqua : « Mère ! Lakshmana est une part (amsha) de Râma et Shatrughna est une part (amsha) de Bharata. Je t’en prie, dépose Lakshmana dans le berceau aux côtés de Râma et Shatrughna dans le berceau aux côtés de Bharata. »

Avec la permission de Kausalyâ et de Kaikeyî, Sumitrâ fit ce que le sage Vasishtha lui avait demandé. À l’instant même Lakshmana et Shatrughna cessèrent de pleurer ; heureux, ils se mirent à jouer, burent leur lait et s’endormirent paisiblement. Dès ce moment, Lakshmana suivit Râma comme son ombre, et Shatrughna suivit Bharata.

Dès que la cérémonie de mariage de Râma, Lakshmana, Bharata et Shatrughna eut pris fin, Bharata quitta la cour d’Ayodhyâ pour se rendre chez son oncle maternel, le roi de Kekaya, et Shatrughna le suivit. Quant à Râma, sur ordre de Son père, le roi Dasharatha, Il se prépara à quitter Ayodhyâ pour un exil de quatorze années dans la forêt. Sîtâ et Lakshmana Le suivirent volontairement. Lorsque Lakshmana suivit Râma et que Shatrughna partit en compagnie de Bharata, les gens pensèrent que les frères se séparaient. Mais en réalité, l’amour entre les quatre frères était sans égal.

Pendant leur exil dans la forêt, Râma, Lakshmana et Sîtâ tombèrent par hasard sur l’ashram (ermitage) du sage Agastya. Agastya et ses disciples leur firent un accueil chaleureux et les remercièrent sincèrement d’être venus les visiter.

Au cours de la conversation, le sage Agastya suggéra : « Râma ! Tu ne peux vivre confortablement dans cet ashram. Tout près d’ici, se trouve la forêt Dandakaranya ; Tu t’y installeras confortablement et Mère Sîtâ y sera heureuse. Tu y trouveras en abondance une grande variété de fruits comestibles. Les eaux de la rivière sacrée Godâvarî coulent dans cette forêt. Tu y construiras un parnachâla (hutte) et y vivras sans aucun désagrément. »

Sîtâ, Râma et Lakshmana suivirent le conseil d’Agastya. Dans la forêt de Dandakaranya, à Panchavati, ils construisirent un parnachâlâ au bord de la rivière et y vivaient heureux.

Des animaux de toute espèce vivaient aussi alentour. Un jour, Sîtâ aperçut un daim en or à proximité du parnachâlâ. Ce daim l’impressionna. Comment se fait-il qu’ayant laissé tous ses bijoux à Ayodhyâ, Sîtâ eût soudain le désir de posséder un daim en or ? Elle réfléchit un instant et conclut que cela ne pouvait être qu’un effet de l’illusion. Mais la destinée est invincible. Elle savait qu’un daim en or ne pouvait être vivant, pourtant Elle demanda à Râma de l’attraper et de le ramener pour lui servir de compagnon de jeux ! « Râma ! », dit-Elle, « vois comme ce daim est magnifique ! Si Tu parviens à l’attraper et à le ramener au parnachâlâ, Je pourrai jouer avec lui et passer le temps tranquillement. Quand Tu vas dans la forêt, Je suis seule au parnachâlâ, pourquoi ne satisferais-Tu pas ce petit désir qui fera Mon bonheur ? » Râma répondit : « Bien ! Ton bonheur est Mon plaisir. »

Mais Lakshmana lui suggéra de ne pas y aller : « Cher frère, cet animal est bien étrange ! En réalité, ce daim en or n’est pas un daim. Je pense qu’un démon en a pris la forme par ruse pour nous induire en erreur. N’y va pas, moi, j’irai l’attraper. »

Néanmoins, Sîtâ insista pour que Râma y aille. Voilà comment son mental travaillait à ce moment crucial ! A l’instigation de Sîtâ, Râma s’en alla donc poursuivre le daim en or. Il le découvrit à quelque distance de là et lui décocha une flèche. Le démon qui avait pris la forme du daim assuma sa vraie forme. Il cria : « Hé Sîtâ ! » « Hé Lakshmana ! » et mourut sur le champ.

Sîtâ, de loin, entendit cette voix et la prit par erreur pour celle de Râma. Elle suggéra à Lakshmana : « Oh ! Lakshmana ! Je t’en prie va immédiatement secourir Râma. J’ai le sentiment qu’Il est en difficulté et cherche notre aide. Je pense qu’Il nous appelle. »

Lakshmana lui expliqua : « Mère ! Ceci doit être une ruse des démons. Aucun danger ne peut menacer Râma. Ne perds pas courage. Je T’en prie reste calme. »

Sîtâ était en colère parce qu’en dépit de Son insistance Lakshmana ne voulait pas secourir Râma. Elle le blâma de diverses manières allant jusqu’à l’injurier en disant : « Ton intention est-elle de Me prendre pour épouse si Râma meurt ? »

Incapable de supporter les paroles de Sîtâ, Lakshmana se tut et s’en alla immédiatement à la recherche de Râma. Cependant, avant de partir il traça une ligne autour du parnashâla et recommanda à Sîtâ : « Mère ! Je ne me soucie pas des accusations que Tu viens de proférer contre moi, mais je T’en prie, quelles que soient les circonstances, ne franchis pas cette ligne. Les démons, les animaux ou n’importe quel insecte ne peuvent la traverser et entrer dans le parnashâla. Tu dois seulement rester à l’intérieur. »

Vous connaissez peut-être le produit que l’on vend encore au marché appelé ‘lakshmana reka’. Il s’agit d’un stick au moyen duquel on trace une ligne pour empêcher les fourmis et les insectes d’entrer dans la maison. De même, quand le démon Râvana vint au parnashâla pour enlever Sîtâ en l’absence de Râma, il ne put traverser le lakshmana reka ni pénétrer dans le parnashâla. Il se tint donc au-delà de la ligne tracée par Lakshmana et mendia l’aumône en pleurant : « Bhavati bhiksham dehi » – « Mère ! Fais-moi l’aumône. »

Sîtâ, prise de pitié, se dit : « Hélas ! Le pauvre ! Il doit avoir faim. Il n’est pas correct que Je Me détourne de lui. » Elle sortit et traversa le lakshmana reka pour lui donner de la nourriture. Au moment où Elle franchissait la ligne, Râvana L’enleva et L’emporta à Lanka.

Quand Râma et Lakshmana revinrent au parnashâla, ils constatèrent la disparition de Sîtâ et comprirent qu’Elle avait été enlevée. Tous deux étaient au supplice. À Lanka, Sîtâ aussi était très malheureuse ; ne devait-Elle pas affronter cette situation pitoyable parce qu’Elle n’avait pas prêté attention aux paroles de Lakshmana.

Assise dans l’ashokavana (prison) à Lanka, Elle se disait :

« Je ne sortirai jamais de cette prison !
Je ne reverrai jamais Râma !
Oh ! Lakshmana, mon cher beau-frère!
Je t’ai injurié,
Toi, si noble ! »

Elle s’en repentit : « Lakshmana ! J’endure cette punition parce que J’ai blessé tes sentiments. »

Sîtâ passa 10 mois à Lanka sans jamais lever les yeux sur le visage de Râvana. Durant ces dix mois, il lui offrit toutes sortes de vêtements, joua de diverses ruses et Lui fit plusieurs promesses, mais Sîtâ demeurait impassible. Elle abhorrait sa présence et le fustigeait : « Honte à toi ! Tu n’arrives même pas à la cheville de Râma. »

Quand Râvana se mit à insulter Râma, la colère La gagna et Elle déclara : « Râma est valeureux, courageux et sage. Toi, tu es un individu mesquin et de basse nature. Tu n’es pas digne de prononcer le Nom de Râma. » Incapable de La soumettre à ses avances, Râvana quittait l’endroit, Lui donnant dix jours pour se plier à ses désirs.

Cependant, Sîtâ se concentrait sur Râma avec courage et confiance. Parmi les femmes de la communauté des démons désignées pour La garder dans l’ashokavarna, deux d’entre elles, Ajata et Trijata, étaient les filles de Vibhîshana, le plus jeune frère de Râvana. Un jour qu’elles consolaient Sîtâ en larmes, Trijata lui dit : Mère ! La nuit dernière j’ai fait un rêve. J’ai vu un singe entrer dans Lanka et mettre le feu à la Cité. J’ai très clairement vu Râma envahir Lanka, tuer Râvana et vous emporter à Ayodhyâ.

Ajata consola Sîtâ à son tour : « Ô Mère ! C’est vrai. J’ai fait aussi un rêve similaire. Ne sois plus triste ! »

Toutes deux Lui témoignèrent beaucoup d’amour et firent naître en Sîtâ une lueur d’espoir. En fait, leur père, Vibhîshana, était un fidèle de Râma et ses deux filles aussi avaient de la dévotion pour Râma.

Dix mois passèrent, quand soudain, Lanka connut un grand soulèvement. On en vint à savoir que la bataille entre Râma et Râvana était engagée et, après quelques jours, la nouvelle se répandit que Râvana avait été tué pendant la bataille. Sîtâ ressentit un grand bonheur, Elle serait bientôt libérée et rejoindrait la présence divine de Râma. Cependant, un doute surgit dans son mental, devrait-Elle aller vers Râma ou Râma viendrait-Il pour L’emmener avec Lui ?

Entre temps, Râma envoya un message demandant qu’on Lui amène Sîtâ. Tous les vanaras (singes) se rassemblèrent. Par nature les singes ont un mental inconstant. Quant à leur comportement, il n’est que trop connu. Ils dansaient, sautaient pour obtenir un sourire de Mère Sîtâ. Ayant obtenu Son darshan (vision d’une sainte personne) leurs cœurs étaient remplis de joie.

Finalement, Sîtâ fut amenée devant Râma. Râma ne La regarda pas, Il baissa la tête, s’assit tranquillement et ordonna aux gens rassemblés autour de Lui de préparer un feu afin que Sîtâ puisse y entrer et prouver Sa chasteté. Râma savait que Sîta était une femme très chaste et très noble, mais Il voulait que le fait soit établi et connu du monde. Plus tard, la question pouvait être posée : « Comment Râma a-t-Il pu accepter que Sîtâ revienne à Lui alors qu’Elle a passé dix mois à Lanka, captive de Râvana ? » N’est-ce pas un fait qu’Il serait amené à répondre à de telles questions ? C’est pourquoi Il ordonna à Sîtâ de subir le test du feu.

Sîtâ comprit ; Elle fit trois fois le tour du feu en chantant le Nom de Râma puis sauta dans le brasier. Au moment même, Indra, le dieu du feu, apparut et livra Sîtâ à Râma avec la supplique : « Ô Râma ! Sîtâ est une femme d’une chasteté suprême. C’est la plus noble de toutes. Il n’est pas juste de Ta part de douter de Sa chasteté. Accepte-La de bon cœur. »

La chasteté de Sîtâ fut donc connue de tous. Cet incident établit la gloire de la vérité et de la chasteté.

Vibhîshana, le plus jeune frère de Râvana, emmena Sîtâ, Râma, Lakshmana et leur entourage à Ayodhyâ dans le pushpaka vimana, un véhicule volant. Le couronnement de Râma comme roi d’Ayodhyâ fut célébré en grande pompe. Les gens d’Ayodhyâ vécurent heureux et en paix durant Son règne. L’Histoire du Râmâyana est très sacrée. Pativratadharma, la chasteté, protégeait les femmes en ce temps-là.

Cette terre de Bhârat a donné naissance à beaucoup de femmes vertueuses  telles
 Sâvitrî qui ramena son mari mort à la vie,
Candramatî qui éteignit le feu qui faisait rage par le pouvoir de la vérité,
Sîtâ qui prouva sa chasteté en sortant indemne du feu,
Damayantî qui réduisit en cendres le chasseur mal intentionné par le pouvoir de sa chasteté.
Cette terre de piété et de vertu parvint à la plénitude et à la prospérité ; elle enseigna toutes les nations du monde par la vertu de ces femmes chastes.
Poème telugu

La chasteté, spécifique à la Culture de Bhârat, est la plus noble des qualités. Aujourd’hui, vous ne la trouvez nulle part ailleurs dans le monde. En ces jours-là, quand les hommes rencontraient les femmes, ils baissaient la tête en signe de respect. Mais aujourd’hui, les femmes et les hommes bavardent ensemble au milieu de la rue.

À la fin du dvâparayuga, l’âge de cuivre, Dharmarâja fut un jour témoin d’une scène qui le troubla beaucoup. Il réunit immédiatement ses frères et exprima son angoisse : « Ô Bhîma ! Arjuna ! Nakula ! Sahadeva ! Le kaliyuga, l’âge de fer, a commencé hier. Alors que je me promenais dans la Cité, j’ai vu une femme parler à un homme en public. Je regrette, mais ne puis supporter ce comportement immoral. »

Un autre jour, son plus jeune frère, Arjuna, raconta un autre incident : « Aujourd’hui, j’ai vu un fermier qui revenait de son champ portant sa charrue sur la tête. Je lui ai demandé pourquoi il ne la laissait pas sur le champ tandis que lui-même revenait chez lui. Il me répondit : “Hélas ! Swami, je ne peux laisser la charrue sur le champ, car les voleurs l’emporteraient ; je la ramène donc chaque jour à la maison et la reprends le lendemain.” »

Un autre jour encore, les frères Pândavas virent une femme qui fermait à clé la porte de sa maison avant de la quitter. Ils lui en demandèrent la raison. La femme répondit que, si elle ne fermait pas sa porte à clé, les voleurs entreraient et emporteraient tout ce qui se trouvait à l’intérieur.

Tout cela était le signe avant-coureur de l’arrivée du kaliyuga, l’âge de fer.

Au temps du règne de Râma, on ne fermait pas les maisons à clé, on ne ramenait pas le matériel agricole à la maison, et les hommes et les femmes ne bavardaient pas ensemble dans des lieux publics. De tels événements se produisirent sous l’effet du kaliyuga. C’est pour cette raison que les frères Pândavas décidèrent d’accomplir mahaprasthna, leur dernier voyage en direction du Nord. « Le kaliyuga est là, partons ! » dirent-ils. Ils retournèrent donc à leur demeure céleste.

Les Pândavas menèrent une vie sacrée. C’est grâce à de telles âmes nobles et saintes que le pays de Bhârat gagna le nom de ‘Nation sacrée’.

Aujourd’hui cependant, cette pureté et cette sainteté connaissent le déclin. Bien sûr toutes deux sont encore présentes, mais ne sont pas manifestes. Seule la Rectitude (dharma) est en mesure de protéger tout un chacun ! Les femmes et les hommes doivent protéger le dharma et pour ce faire garder un mental pur et stable. Vous ne devriez pas permettre aux mauvaises pensées d’entrer dans votre mental.

Ahalya, l’épouse du sage Goutham, était une femme noble et vertueuse. Elle avait pourtant souffert d’une malédiction prononcée par son mari. Il l’avait maudite en disant : « Puisses-tu devenir une pierre et reposer dans la poussière ! » Plus tard, la grâce de Râma lui permit d’échapper à la malédiction. Au moment où les pieds de Râma touchèrent la pierre, elle redevint Ahalya.

Dieu peut faire qu’une pierre devienne un être humain et la sanctifier. Il peut purifier l’impur. Bien que vous souffriez de mauvaises pensées, au moment où vous penserez à Dieu toutes vos impuretés seront enlevées. Le mental est la cause fondamentale de toute chose. Aussi, les femmes et les hommes, tout le monde devrait cultiver des pensées nobles et sacrées. Vous devez purifier votre cœur. La nature humaine ne peut survivre qu’à ce prix. Sans cela, elle dégénèrera en nature démoniaque.

Bhagavân conclut Son discours avec le bhajan : « Râma, Râma, Râma, Sîtâ… »

Extrait du 4ème discours de Bhagavân prononcé à l’occasion du festival de Dasara le 1er octobre 2006 dans le Sai Kulwant Hall à Prasanthi Nilayam.

Traduit et tiré du Site Web officiel de l’Organisation Sathya Sai Internationale.

Copyright : Sri Sathya Sai Books and Publications Trust, Prasanthi Nilayam, Inde.



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